Piloselle

Hieracium pilosella L.

Famille : Asteracea

Autres noms : Epervière, Oreille de souris ou de rat , Veluette.

Une élégante dame aux feuilles velues ; facilement reconnaissable à ses poils cotonneux !

Cette plante commune envahit nos pelouses ou les prairies. Elle a une très bonne affinité avec les sols sablonneux.

Petite par sa taille, mais grande par son activité diurétique ! D’après une étude, elle serait quasiment aussi efficace que l’hydrochlorothiazide.
Elle fut beaucoup utilisée dans les régimes amaigrissants, les oèdemes et l’hypertension légère.

Un atout de plus, elle possède une activité antiseptique intéressante dans les cystites.

Elle stimule la sécrétion de bile et abaisse le taux de cholestérol.

Autrefois son latex brun était utilisé comme cicatrisant et hémostatique.

Dosage :
Teinture Mère : 1 goutte /kg /jour
Extrait sec : 3*100 mg / jour
Infusion : 5 g de plante sèche pour 250 ml d’eau
Macération à froid de 25 g de plante fraîche pour 250 ml d’eau,

Linaire commune

Linaria vulgaris Mill.

Famille : Srophulariaceae

Autres noms : Chasse venin, Muflier linaire, Lin sauvage

Linaire commune

Ces belles fleurs jaunes en épi se dressent sur une tige aux feuilles alternes linéaires. Je l’ai croisée au bords des champs ; on la trouve également aux abords des jardins, dans les talus. Elle aime les sols caillouteux.

On récolte les tiges à pleine floraison. Celles-ci sont petites, cependant elles peuvent atteindre jusqu’à 80 cm. Séchées en paquets, ou sur des claies, à l’ombre, ou en séchoir(max 50°C) ; on infuse la plante à raison de deux cuillères à café pour 500 ml d’eau . Temps de contact : 18 minutes. A consommer dans la journée.

Par voie orale, son infusion est diurétique, laxative, et sudorifique. Elle aide à résorber les oedèmes ou épanchements. La Linaire combat les inflammations du foie et de la rate. Elle favorise la sécrétion de bile.

En application externe, elle soulage la crise hémorroïdaire. Elle nettoie les plaies et soulage les éruptions cutanées.

Son usage doit rester ponctuel, tout comme les plantes appartenant à cette famille.

Armoise

Artemisia vulgaris L.

Famille : Asteraceae

Autres noms : Armoise commune, Herbe de la Saint Jean, Armoise Artémise , Herbe royale, Herbe de feu, Herbe aux cents goûts, Courrone de Saint Jean-Baptiste, Tabac de Saint-Pierre

Cette belle plante arbore une couleur argentée sous ses feuilles. C’est la plante de la femme, celle de la déesse Artémise. C’est une emménagogue, c’est à dire que son absorption provoque l’arrivée des règles. A haute dose, elle est abortive car elle augmente les contractions utérines.

Son indication principale : les règles douloureuses, est attribuée à son action antispasmodique. L’armoise contient des extraits méthanolique et chloroformique qui inhibe les contractions. Elle trouve également sa place dans les coliques, les diarrhées, les vomissements.

L’Armoise est un stimulateur de l’appétit. Elle augmente la sécrétion de bile et améliore la digestion. Je la conseille en cas de gastrites, et d’anorexies. Elle dilate les bronches. Elle possède aussi une action antidépressive. Elle augmente la diurèse et de ce fait est hypotensive.

Son huile essentielle est acaricide et insecticide. Riche en thuyone son utilisation est dangereuse (neurotoxique, convulsivante), ce qui interdit sa commercialisation (sauf en pharmacie ! ). Il en est de même pour les solutions hydroalcooliques.

Les feuilles et les sommités fleuries sont infusées à raison de 1g pour 250 ml d’eau 30 minutes avant un repas (2*/jour). Ici pas de soucis les thuyones n’y sont presque pas !

Coté four, elle relève les plats cuisinés au vin rouge.




Thym à serpolet

Thymus serpillum L.

Famille : Lamiaceae

Autres noms : thym sauvage, serpolet, serpoule

Cette belle plante aromatique fleurit actuellement sur nos crêtes vosgiennes et dans nos vallées alsaciennes. Elle est très commune dans les pâturages, les prairies ou en bordure de forêt. Elle colonise parfois les pelouses.

Feuilles et fleurs sont utilisées à la fois comme condiment , en tisane, ou pour la préparation de remèdes : teinture mère, alcoolature, huile essentielle.

La plante est indiquée comme antispasmodique des voies respiratoires ainsi qu’au niveau intestinal. Expectorante,antiseptique, elle est utile en cas de toux grasse, d’asthme humide, coqueluche, grippe…
Coté digestion, elle soulage ballonnement, éructations et flatulences.
En bain de bouche,elle soigne les affections buccales et les maux de gorge.
Vulnéraire, on applique des compresses d’infusions ou de décoctions sur les petites plaies.

Les parties aériennes fleuries sont riches en huiles essentielles . On y retrouve notamment du thymol et du carvacrol ; deux antibactériens puissants (phénols). De ce fait, son utilisation est contre indiquée chez la femme enceinte et allaitante, l’enfant de moins de 12 ans, l’asthmatique et l’épileptique ou les personnes sous anticoagulant. L’huile essentielle est dermocaustique. Son utilisation topique nécessite une dilution à 10% max dans une huile végétale.
L’utilisation par voie orale nécessite la prise d’une huile hépatoprotectrice comme l’essence de citron. Antiseptique puissant et antispasmodique, on la retrouve dans le traitement des cystites.
L’huile essentielle est anti-infectieuse à large spectre (association d’alcools et phénols), antivirale, antifongique, antiparasitaire.
Cette huile essentielle est tonique et donne un coup de fouet dans les affections grippales.

Utilisation :
-Infusion feuilles et fleurs, 15 minutes à couvert de 10 g de parties aériennes pour 250 ml d’eau.
– Teinture mère : 1 goutte/kg/jour
– Huile essentielle :
* voie orale (à partir de 12 ans) ; 1 goutte +1 goutte de citron 3*/jour pendant 7 jours
* voie locale : dilution à 10% dans une huile végétale

Benoîte

Geum Urbanum L.

Famille : Rosaceae

Autres Noms : Herbe de la Saint Benoît, Sanicle des montagnes, Herbe à la fièvre, Herbe du bon soldat, Avence

Cette fleur jaune commune dans ma forêt voisine, pousse de manière spontanée dans ma cour . Son fruit s’accroche comme un velcro sur mes vêtements.

Sa racine est riche en eugénol. De ce fait elle peut remplacer le clou de girofle dans un but culinaire ou médical. L’eugénol est connu et utilisé par les dentistes pour son pouvoir antalgique. La Benoite soigne les inflammations des muqueuses et des gencives. Antibactérienne et astringente, elle contient également des tanins. Ainsi on la recommande en gargarisme dans les maux de bouche (angines, pharyngites, gingivites…), ou encore contre les diarrhées.
Autres indications : Engelures, Hémorroïdes, Insuffisance veineuse, Hypersudation,

Utilisation :
– Décoction de racines : 1 cuillère à soupe pour 500 ml d’eau ; laisser bouillir 5 minutes puis infuser à couvert 10 minutes supplémentaires
– Teinture Mère : 1 goutte/kg/jour
– Extrait fluide : 20 gouttes 3*/jour
– Poudre : 1g 3*/jour


Valériane

Valérina officinalis L.

Famille : Valerianaceae

Autres noms : Herbe aux chats, Herbe aux coupures, Guérit tout, petite valériane

La Valériane pousse spontanément dans les bois humide, aux bords des routes et près des cours d’eau. « Valere »(latin) se traduit par « bien se porter ».

On utilise les racines séchées. Il s’en dégage une odeur forte et désagréable voire repoussante pour l’homme, attrayante pour nos amis les chats. Fraîche l’odeur est inexistante, le parfum se dévoile après le séchage. La récolte est faite sur des pieds de plus de deux ans.

La valériane est surtout connue et utilisée comme anxiolytique, sédative et hypnotique. On la conseille dans la nervosité, les troubles du sommeil, l’anxiété accompagnée de contractures et de tensions musculaires.

En médecine populaire, la valériane était utilisée contre les points de côté, la goutte (Hildegarde XII ème siècle), la peste , la toux, l’asthme, et les morsures d’animaux vénéneux (Mathiolle, XVI ème siècle). XX ème siècle, on l’indique dans les névroses, l’hystérie, les gastralgies nerveuses, les hoquets, les palpitations, l’épilepsie.

Utilisation :

  • Extrait fluide : 3 X 20 gouttes/jour-
  • Poudre : 3 X 250 mg / jour (max 4 à 5g/jour)
  • Extrait sec : 3 x 200 mg (max 800mg/jour)
  • Infusion ou décoction : 3 g pour 250 ml d’eau (10 minutes)
  • EPS : 5 ml/jour

Sureau noir

Sambucus nigra L.

Famille :Adoxaceae (ex Caprifoliaceae)

Autres noms : Sureau noir, haut bois, sambuc, arbre de judas, grand sureau

Ils sont en fleurs actuellement ! Chaque année j’en prépare quelques litres de sirop. Je n’ai rien trouvé de plus désaltérant. Il ravit aussi bien les sportifs que mes jeunes en culottes courtes.

La cueillette sécuritaire doit se faire sur un arbre (tronc boisé), afin de ne pas le confondre avec le sureau hièble (herbacé qui ne dépasse pas la taille d’un homme). Le sureau noir présente des ombelles blanches et des fruits tombants. Le sureau hièble possède des ombelles blanches à rosées et des fruits dressés.


Voici ma recette de sirop : 12 à 15 ombelles, 2 litres d’eau, le jus de deux citron, 2 kg de sucre de canne, 40 g d’acide citrique
Verser l’eau bouillante sur les fleurs avec les jus de citrons et couvrir. Laisser macérer 2 à 4 jours. Filtrer, ajouter le sucre et chauffer. Porter à ébullition, éteindre puis ajouter l’acide citrique. Verser dans des bouteilles types limonades. Conservation à la cave ; bouteille ouverte au frigo.

Les fleurs fraîches sont diurétiques, les fleurs séchées sudorifiques sont employées contre la grippe et les refroidissements. Elles augmentent la sécrétion bronchique.
Les baies possèdent une action antivirale et stimule l’immunité. Anticolite, laxative, antidiabétique, elles agissent également sur l’hyperlipidémie. L’action antioxydante et anti-inflammatoire de l’extrait ont également été démontrés.

Des cataplasmes de feuilles fraîches soulagent les panaris. Les fruits cuits peuvent servir à faire des confitures. Les fleurs se cuisinent en beignets ou sont mises en macération dans le vin. L’écorce peut être utilisée en décoction pour favoriser les fonctions digestives et l’élimination de l’eau.

Utilisation :
– Infusion : 5 g de fleurs pour 1/2 litre d’eau.
– Décoction 15 min : 5 g d’écorce pour 1/4 de Litre d’eau
– Teinture mère : 1 goutte/kg/jour
– Extrait sec : 200 à 400 mg/jour

Aspérule odorante

Galium odoratum L. ; Asperula odorata

Famille : Rubiaceae

Autres noms : Muguet des bois, Petit muguet, Reine des bois, Gaillet odorant, Muguet des dames, sweet woodruff

Dans les sous-bois humides de la Wormsa , cueillette du jour : quelques bouquets d’Aspérule odorante.

Petite plante herbacée vivace, ses feuilles (stipules) sont disposées en étoile (verticille de 6 ou 8). Les fleurs blanches en corymbes sont inodores à l’état frais. La dessication ou la mise en extrait laisse apparaître l’odeur des coumarines proche de la vanille.

C’est le moment de préparer le vin de mai (boisson aromatique apéritive, infusion dans du vin blanc), ou le Waldmeister (Waldi pour les initiés) au degré alcoolique beaucoup plus important puisqu’il s’agit d’une liqueur. Les plus sages en feront un sirop.

Usage populaire en cataplasmes de feuilles fraîches dans la cicatrisation et pour soulager les enflures.

L’Aspérule est une plante digestive utile dans les spasmes, les gastrites, les ballonnements, les flatulences, les éructations.
Notre gaillet est également sédatif ; il est conseillé dans la nervosité et les troubles du sommeil et l’anxiété.
Vasculotrope, je la conseille dans les bouffées de chaleurs et les troubles vasomoteurs.
Diurétique et antimicrobienne, l’aspérule est une plante qui mérite toute notre attention dans les colibacilloses urinaires.

Cette plante est inscrite à la pharmacopée française.

Infusion : 2.5 g pour 250 ml d’eau à couvert
Teinture mère : max 25 gouttes 3*/jour

Attention le vin de mai ne se conserve pas plus que quelques mois. Son utilisation abusive engendre des nausées, des vertiges, ..; (toxicité hépatique des coumarines)



Bistorte

Polygonum bistorta L.

Famille : Polygonaceae

Autres Noms : couleuvrée, langue-de-bœuf , serpentaire rouge

Une printanière rose pour changer un peu !
On la retrouve dans les prairies humides des montagnes.

Bistorte = tordue comme sa racine (rhizome) en forme de tire bouchon
Elle possède une action anti-inflammatoire intéressante dans les maux de bouche (aphtes, gingivites avec saignements, maux de gorge).

Une légende raconte qu’un loup mordu par un serpent aurait creusé et mangé ses racines, d’où son nom de serpentaire. Son pouvoir vulnéraire (qui guérit les blessures) est aujourd’hui reconnu.

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Propriétés : Astringente, hémostatique, anti-inflammatoire, antioxydante, anti-bactérienne, analgésique, sédative, cicatrisante…

Indications : hémorroïdes, diarrhées, ulcère de l’estomac, blessure (pour stopper une hémorragie), maux de bouches , leucorrhées

Utilisation sous forme de Teinture Mère de parties souterraines ou d’extraits.

Les jeunes feuilles sont consommées en salade, en quiche.
La Bistorte est très riche en tanins et nécessite plusieurs rinçages pour son utilisation culinaire afin d’en enlever son amertume.

Primevère

Primula veris L.= Primula officinalis (L.)
Primulus elatior

Famille : Primulaceae

Autre nom : Coucou

Premières fleurs du printemps , elles tapissent les clairières, les talus , les prairies. Rappel de bouquets de mon enfance, aujourd’hui je les cueilles afin de préparer mes tisanes.

On récolte les fleurs ou les racines avant floraison. L’infusion ainsi que la décoction sont toutes deux actives en cas de bronchites et de toux grasses. La présence de saponosides permet une action sécrétolytique et expectorante.
En application locale, le primevère est adoucissante, vulnéraire, antiprurigineuse. Elle traite ainsi les piqûres d’insectes, les écorchures, les crevasses, les gerçures.
Notre coucou, régule les vertiges, les céphalées, les tremblements. On l’emploie en complément de traitement dans la coqueluche, l’asthme et les névralgies.
Utilisation possible en bain de bouche pour son effet anti-microbien et adoucissant.

Utilisation :
Infusion : 3 g de fleurs pour 250 ml d’eau à couvert pendant 5 minutes
Décoction : 5 g de racines pour 250 ml d’eau (10 minutes)